C’est le séisme silencieux de l’été 63. Dans les pages de Salut les copains, entre un disque de Johnny et une pub pour des chewing-gums, elle apparaît : Barbie. Mais ne l’appelez pas “poupée”. Le magazine est très clair, c’est un “mannequin haute couture”.
À 19,50 francs (le prix de quelques 45 tours), Barbie débarque des USA avec un concept révolutionnaire : elle ne demande pas qu’on s’occupe d’elle, elle demande qu’on l’habille pour aller travailler ou sortir le soir. C’est la fin de l’ère du poupon qu’on berce. Barbie possède une garde-robe qui ferait pâlir d’envie les lectrices du magazine : ensembles de ski, tenues de soirée, et même un uniforme d’hôtesse de l’air.
C’est là que réside la satire délicieuse de l’époque : Barbie est présentée comme le modèle de la “femme élégante”, mais elle est surtout le premier outil de marketing de masse pour les enfants. Elle préfigure notre ère de l’influence. En 1963, Barbie n’est pas qu’un jouet en plastique, c’est un passeport pour l’imaginaire d’une vie de luxe et d’indépendance, loin des couches et des biberons des poupées traditionnelles. Une révolution de 30 cm de haut qui a changé le regard des “copines” sur leur propre futur.
