En juin 1963, la liberté avait un poids bien précis : 3,5 kilos. C’est ce que pesait le magnétophone Philips EL 3585, présenté dans les pages de Salut les copains comme un véritable « tour de force technique ». Pour les jeunes de l’époque, cet appareil n’était pas qu’un simple enregistreur, c’était l’ancêtre du streaming et du partage social nomade.
Imaginez la scène : grâce aux transistors et aux piles, plus besoin de rester scotché à la prise du salon familial. On l’emporte partout, à la plage ou dans la forêt. Le slogan est d’une efficacité redoutable : « Avec trois bobines, on danse toute la nuit ». Dans un monde qui ne connaissait ni le MP3 ni le Bluetooth, pouvoir capturer le son de la radio ou les rires des copains pour les réécouter « n’importe où » était une révolution totale.
Mais cette liberté avait un prix : 495 Francs. Pour se donner une idée, à une époque où le magazine lui-même coûtait une poignée de centimes, c’était un investissement colossal (heureusement, Philips proposait déjà le crédit à 31,80 F par mois !). En 2026, nous avons des téraoctets de musique dans nos smartphones de 180 grammes, mais on ne peut s’empêcher de ressentir une pointe de nostalgie pour ces adolescents qui transportaient leurs 3,5 kg de plastique et de bandes magnétiques comme un trésor, fiers de posséder le premier objet capable de rendre la musique réellement « vivante » et mobile.
