Imaginez la scène : juin 1963, cinq célibataires (trois garçons, deux filles) sont réunis autour d’un magnétophone Philips pour débattre de la question qui tue : “Faut-il se marier jeune ?”. En relisant leurs réponses en 2026, on sourit devant ce mélange de naïveté touchante et de pragmatisme brut.
Pour Rémi, 21 ans, le mariage est un “disastre”. Lui, il veut profiter, rencontrer dix filles avant de choisir “la bonne”. Mais la palme du réalisme revient à Sophie, 20 ans : pour elle, se marier par amour, c’est bien beau, mais “il vaut mieux crever de faim et s’aimer que de rouler en Alfa Romeo et se regarder comme deux étrangers”. Une punchline qui résonne encore aujourd’hui !
Ce qui frappe dans ce débat, c’est l’obsession de la situation matérielle. On ne se marie pas avant d’avoir “terminé son service militaire” ou d’être sûr de pouvoir élever ses enfants. C’est une génération qui rêve de passion mais qui a les pieds bien ancrés dans le sol de la Reconstruction. Entre Serge qui veut un appartement de quatre pièces et Corinne qui redoute de devenir “esclave” de son mari, on découvre une jeunesse qui, déjà, commence à questionner les modèles traditionnels avec une sincérité désarmante.
