Oubliez les algorithmes et les compteurs de “likes” en temps réel. En juin 1963, le pouvoir est entre les mains des lecteurs de SLC munis d’un stylo bille. Le magazine lance son Grand Référendum, une consultation massive pour élire le meilleur chanteur et la meilleure chanteuse de l’année.
La liste des nommés est un véritable “Who’s Who” de l’époque : de Johnny Hallyday à Claude François chez les garçons, de Françoise Hardy à Sylvie Vartan chez les filles. C’est une démocratie pop où l’on se bat pour une place dans le cœur des fans. Le magazine va même plus loin en posant la question ultime : « Avec laquelle de ces 12 vedettes aimeriez-vous dîner ? ».
Il y a quelque chose de délicieusement satirique dans cette organisation quasi-militaire de l’admiration. On demande aux jeunes de classer leurs idoles, de justifier leurs choix, de participer à la création d’une hiérarchie sacrée. C’est ici que se jouent les carrières. En 2026, on regarde ces bulletins de vote papier avec une pointe d’envie : à l’époque, être fan demandait un effort physique, une réflexion, et l’envoi d’une enveloppe timbrée. C’était le moment où la jeunesse française prenait conscience de son poids économique et culturel, une croix à la fois.
